Reporterre : Ce médecin opposé aux pesticides que l’extrême droite veut faire taire
Médecin, Louis-Adrien Delarue refuse de voir défiler dans son cabinet davantage de malades du cancer. Il a décidé de se battre contre les pesticides et les élus les promouvant. Quitte à finir au centre d’une plainte d’une députée d’extrême droite.
Le Dr Bruno Sachs est médecin de campagne. Pas de ces vieux toubibs hermétiques à la misère humaine. Plutôt de ceux attentifs et bienveillants. Parfois rongés par ce trop-plein de malheur défilant dans leur cabinet. Sauf que le Dr Bruno Sachs n’existe pas. Il est le héros malgré lui du romancier Martin Winckler dans son best-seller La Maladie de Sachs. Le bouquin préféré de Louis-Adrien Delarue, et on comprend vite pourquoi. Ajoutez au personnage fictif un peu de rébellion, du grunge de Nirvana et une touche du film Goliath — où l’acteur Pierre Niney incarne la froideur terrifiante des lobbyistes de l’agrochimie —, et vous obtiendrez un premier portrait-robot de l’homme que l’on attend au Café des halles d’Angoulême, en cette fraîche matinée de décembre.
Il débarque avec un bon quart d’heure de retard, lunettes embuées et front perlé de gouttelettes. « Toutes mes excuses… J’enchaîne les rendez-vous avant de baisser le rideau pour les fêtes. » Les vendredis du généraliste sont sacrés : aucune consultation à l’agenda, c’est sa journée militante. Son écharpe déroulée, le quadra commande un allongé et rembobine la cassette de son enfance.